Thierry Diers

Le parcours de Thierry Diers est une invitation au voyage où s'expriment des sentiments intimes et violents, mais aussi profonds et universels. Peintre expressioniste abstrait, la couleur ordonnée sur le plan a d'emblée une valeur symbolique et psychologique, et les formes, même quand elles roulent sur la crête du figuratif, sont toujours fortement intériorisées. Ses toiles invitent à l'introspection, à l'émotion, ou encore à un certain rapport physqiue avec la matière picturale.

Est-ce un hasard si Thierry Diers a grandi dans la même zone géographique que le premier des expressionnistes, Vincent Van Gogh ? On retrouve chez eux la même faim de couleurs, la même façon de transformer la nature concrète en signes émotionnels. Concernant la couleur, Thierry Diers connapit la réponse depuis longtemps. Ceux qui ont arpenté les plages du Nord l'ont probablement déviné également. A Dunkerque, dont l'artiste est originaire, le gris du ciel se confond avec celui du sable et l'horizon s'exténue dans ce camaïeu d'indistinctions. Les habitants n'ont pas eu besoin de rencontrer Malévitch pour connaître la définition d'un monochrome.

Là-bas, il n'y a plus de haut ni de bas, plus de nord ou ouest, les repères physiques n'y sont que des conventions de langage. L'effet qui en résulte n'est pas une révélation de l'immensité de la nature, mais bien davantage le départ d'une introspection. Puisque les yeux n'entendent rien, c'est à l'esprit d'y voir clair, ici commence toute bonne quête expressioniste.

Il faut entendre parler de Thierry Diers de peinture, des siennes comme de celles des autres, pour réellement apprécier la nature de sa vision de l'art. Si celui-ci est bien passioné par la "cuisine" de la peinture, il y a aussi tout une mystique qui est à l'oeuvre : chez Diers, la peinture est une mission, une vocation, une urgence et une compagne à vie. Par moment, c'est l'unisson, à d'autres, la guerre. Quoiqu'il en soit, il est à noter que l'artiste a une vision de son médium quasiment holistique.

Thierry Diers peint ce qu'il y a au plus profond de lui, espérant y trouver ce qui le reliera à tous les autres hommes.

Exposition au Musée Bernard Boesch du 30 octobre au 15 novembre 2015.

http://www.thierrydiers.com