Exposition "Brigitte Marionneau"

Dans certaines architectures, un noir lumineux de basalte ou d’ébène simplifie à l’extrême la lecture de la forme. Celle-ci en acquiert une intensité propre. Berceau ou tombeau miniature d’un dieu de l’antique Egypte, tête couchée de héros désormais oublié ou roche issue des tous premiers magmas ? Le mystère de ces volumes denses, refermés sur eux-mêmes, ne peut être rompu. Parce qu’elle est parcourue d’une vie en filigrane, leur entièreté opaque attire et séduit comme une énigme : de légers sillons – topographie humaine ou géographique ? – ondulent à la surface de cette peau-terre comme ondulaient les cheveux du couple du Baiser, donnant vie au monolithe de Brancusi. Le contraste des différents plans, alternativement lisses et texturés, contribue également à vivifier l’ensemble.

Aussi sobre soit-elle, la ligne, dans le travail de Brigitte Marionneau, n’est jamais dure ni morte. Au contraire, d’une fermeté vibrante, un souffle la traverse, trahissant le désir constant de la céramiste d’élever la matière vers l’espace du ciel.

Pascale Nobécourt
journaliste