Discours vœux aux Baulois 2016

Monsieur le Député, Monsieur le Sénateur,

Mes chers collègues Maires, Conseillers départementaux, Conseillers régionaux,

Monsieur le Maire de Pornichet, Jean-Claude Pelleteur,

Mesdames, Messieurs les Elus,

Mesdames, Messieurs les Présidents d’associations,

Des corps constitués,

Chers amis baulois,

 

Cette cérémonie des vœux s’inscrit dans une tradition que, cette année plus que jamais, nous avons à cœur de respecter.

A tous, j’adresse donc mes vœux les plus sincères, les plus cordiaux pour vous, vos familles et tous ceux qui vous sont chers.

Je souhaite la réussite à ceux qui entreprennent dans le monde professionnel, mais aussi dans le monde associatif riche à La Baule, qui ajoute le bénévolat à l’esprit d’entreprise.

Je souhaite aux nouveaux Baulois, une excellente adaptation et qu’ils se plaisent dans notre ville, grâce au soutien attentif et amical des AVF accueil La Baule qui met à leur disposition toute une palette de sports, de loisirs dans un cadre agréable.

Merci à toutes celles et tous ceux de cette association qui, aujourd’hui, nous apportent aussi leur concours pour les accueillir.

 

2015 une année tout en contraste, les attentats de janvier, les horribles assassinats de tous ces jeunes en novembre nous ont tous profondément émus et bouleversés, nos pensées vont encore vers toutes les victimes et les blessés mais aussi vers le dévouement admirable des médecins, des pompiers et des forces de police.

Oui bien sûr, la France fait la guerre notamment en Afrique mais subit une autre guerre à laquelle nos démocraties** sont mal préparées contre un ennemi qui prend notre pays, à la fois, comme un vivier de recrutement et une cible pour ses actes de barbarie.

Seul l’état d’urgence qui doit durer (10 attentats ont été déjoués en France depuis le début de l’année) permet d’adapter nos lois et règlements à des situations de cette gravité et aux mesures de sécurité, que localement aussi, nous devons mettre en place pour les manifestations.

 

Un bel été, et le pays reprenait espoir, avant l’horreur du 13 novembre et puis les élections en décembre avec ce qui était prévu : l’expression au 1er tour d’un mécontentement général et une victoire à la Pyrrhus au 2e pour les formations plus démocratiques de notre pays

Alors comment allons-nous aborder 2016 ?

 

**(Démocratie : mode de vie où s’exerce la responsabilité collective et où les mêmes avantages sont accordés à tous)

 

Pour La Baule d’abord :

 

  • Avec circonspection, car nous devons poursuivre une politique d’économie et des restrictions, dont nous ne sommes pas responsables
  • Avec la baisse sans précédent des dotations de l’Etat de 30 % = 8 millions de moins en 4 ans ; jusqu’en 2017, si nous voulons intégralement compenser cela, c’est 5 % d’impôt en plus pendant 3 ans, chaque année.
  • Avec des nouvelles charges pour les communes après les rythmes scolaires, les effectifs de sécurité publique CRS/MNS l’été, et même la fourniture des couches culottes dans les crèches.
  • Une croissance qui ne vient toujours pas malgré les promesses ;
  • Une baisse aussi de nos recettes économiques.

 

Mais la volonté intacte de poursuivre l’embellissement de La Baule, car c’est ce qui durera qui fera grandir notre station et son environnement.

 

Un budget reste toujours bien équilibré, entre :

  • 50 % pour l’image et l’activité touristique – l’animation
  • 50 % pour l’aménagement permanent de la ville

Et l’aménagement de tous ses quartiers d’avenir, qui sont en plein développement

 

  • Le centre-ville Victoire et les deux parkings de la poste et de la gare, pour accompagner la rénovation de ce quartier (200 places) en reconstruction comme l’avait prévue la ZAC centre-ville ;
  • La rénovation totale de l’éclairage public de la Baule (11 millions d’euros) ;
  • La poursuite du projet touristique des Roches Rouges – hôtel 4**** et piscine moderne d’eau de mer, et s’il avait pu être mené à bien cette année, m’aurait évité de proposer une hausse de la fiscalité en 2016 qui reste néanmoins modérée à 1,5%.

 

En effet, si l’on veut poursuivre une politique d’aménagement et d’équipement, sans hausse excessive de la fiscalité, nous devons nous séparer de bâtiments anciens, coûteux à entretenir, à réparer et hors des normes actuelles d’utilisation.

La rénovation du boulevard de mer est un projet nécessaire mais considérable, qui doit tenir compte du caractère de protection contre la mer du remblai, de l’aménagement de la plage, des questions de stationnement et de circulation ainsi que bien sûr des moyens dont nous disposerons dans 2 ou 3 ans, tout cela en concertation avec Pornichet.

Les subventions aux associations, vecteurs d’animation de notre commune, ne varieront pas et seront identiques à celles de 2015, afin de leur témoigner notre confiance et d’encourager leurs actions du mieux possible.

Enfin la dette de la ville restera très supportable et dans les normes les plus basses des communes de la même strate.

Bien sûr, nous avons un grave souci avec Pornichet : l’avenir des établissements de la plage qui devraient voir s’installer ici un nouveau délégataire qui devra, avec eux et les services de l’Etat, organiser l’animation et l’activité commerciale de ce site pour les 12 ans à venir. Nous sommes très attentifs à cette réorganisation dans le cadre étroit et inadapté du décret-plage de 2006, épée de Damoclès, qui n’a cessé de perturber nos activités sur le site essentiel de La Baule et que nous avons toujours contesté.

Face à l’entêtement juridique de l’Etat, à l’encontre du réalisme économique, nous aurions aimé que l’inverse soit vrai ; entêtement juridique pour la réalisation de l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes.

Mais comme je le fais tous les ans, au cours de ces vœux, c’est l’occasion aussi de vous faire partager un regard personnel sur notre pays.

En fait, vous le savez, La Baule va plutôt bien, alors que l’on dit que la France va mal.

Depuis quelques années, nous vivons "un déclin doux" comme un malade qui souhaite se laisser mourir lentement plutôt que d'affronter l'opération.

En fait, les Français sont d’abord malheureux parce qu'ils n’ont plus d'espérance qui transcende leur quotidien et leur donne une vision positive de l'avenir, notamment parce que tous, ont le sentiment que le futur sera plus difficile que le présent.

 

Et puis La France aujourd’hui c’est :

 

  • 14 millions de Français vivent dans la précarité ;
  • Une classe moyenne mécontente, étranglée fiscalement et de faibles espoirs de promotion ;
  • Une classe aisée qui est prête à partir ;
  • Une jeunesse qui est à 30 % en situation de précarité et les autres qui se demandent si leur avenir est encore dans notre pays, et qui se disent "je ne vois pas pourquoi je paierai pour les retraites que moi je ne toucherai pas !"

 

L’explication est simple, elle tient en quelques chiffres :

La classe politique qui nous gouverne pense que c’est à l’Etat de créer des emplois or tout le mal français vient du fait que c’est en réalité l’entreprise qui fait vivre l’économie.

 

En 2015, nous avons 16 millions d’emplois dans le secteur privé, c’est exactement autant qu’en 2001 (il y a 14 ans).

Entre temps, la population française a gagné 5 millions d’habitants, or qui sont-ils ?

 

  • 13,5 millions de retraités + 6,6 million
  • 3,5 millions de demandeurs d’emplois + 1 million
  • Et 400 000 postes de fonctionnaires + 0,4 million

 

Cela signifie que l’augmentation de population a été entièrement absorbée par les retraités, les demandeurs d’emplois et les fonctionnaires, dont le trait commun  est que tous vivent de la redistribution publique.

Il n’est pas étonnant que La France soit décrochée, et une des raisons est que le monde de l’entreprise est trop décalé du monde politique, réglementaire, normatif, judiciaire…

 

Dans l’entreprise, on est obsédé par la performance, l’efficacité, le challenge, l’assimilation de tous par l’intelligence

 

Dans le monde politique, on est obsédé par le principe de précaution, par les élections et on passe du temps à élaborer des majorités de calcul plutôt qu’à chercher de vrais remèdes à la situation du pays.

 

Je ne prêche pas, croyez-le, pour un capitalisme non régulé ou l'homme vaut plus parce qu'il dépense plus que parce qu'il pense !

 

Mais dans une période de métamorphose, telle que nous la vivons mondialement, les entreprises, les pays, les sociétés qui ont survécu sont celles qui ont su s'adapter.

 

  • Comment peut-on lutter contre le chômage en s'acharnant à travailler moins que tous les autres pays du monde ?
  • Comment peut-on imaginer un système de retraite efficace en ayant un âge de départ à la retraite inférieur à la plupart des autres pays du monde ?
  • Comment peut-on demander plus de compétitivité aux entreprises, mais aussi aux collectivités, aux communes, en les écrasant sous une réglementation pléthorique, sous des normes toujours plus exigeantes,  sous des transferts de charges, sous des contraintes de protection ou de précaution qui sont des freins permanents à l'initiative, à l'innovation créatrice.

 

Demain, il faudra aussi réfléchir à l'équilibre et l'aménagement des territoires ; car aujourd'hui la croissance drainée par les métropoles et le monde urbain dominera demain.

(Les 100 plus grandes villes capteront en 2025, 35 % du PIB mondial) d'où le sentiment d'abandon de certains villages ou régions françaises et j’ajoute, que je ne comprends pas qu’à côté des grandes régions, Les Pays-de-La-Loire soient restés identiques et l’une des plus petites régions de France.

Il serait bon, il serait temps, que de tout cela, il y ait une prise de conscience, des explications et de l'action.

Plus conscients que d'autres, parce qu'ils sont plus proches de tous, les maires, les élus locaux trouvent la plupart du temps dans leur commune les bonnes solutions.

Et je salue mes collègues, en particulier ceux de Cap Atlantique, mais aussi de Pornichet car si nos communes sont diverses, elles additionnent leurs atouts et leurs originalités pour faire de notre territoire, un espace attractif pour nos résidents permanents mais aussi pour nos 350 000 touristes/jour de l’été et des grands week-ends et maintenir notre économie à flot.

Pour eux, nous organisons plus de 300 manifestations à l’année. Avec nos associations locales, nous mettons sur pied un programme sportif, culturel et festif important, qui contribue largement à la notoriété touristique et à la réputation de notre territoire.

Mais la loi NOTRE nous inquiète. Elle met à notre charge des dépenses et des obligations nouvelles dans 4 secteurs, sans nous donner les moyens de recettes nouvelles pour les remplir :

  • Le tourisme : on nous demande de créer un Office intercommunal, d’intégrer les 40 ou 45 employés des offices existants, de promouvoir notre territoire de façon ambitieuse
  • Les zones d’activités : les mettre toutes à la charge de l’intercommunalité
  • Les gens du voyage
  • La gestion des milieux aquatiques et protection contre les inondations : ici, on a déjà commencé le long de l’étier mais la tâche est immense ! et les couts gigantesques avec des incertitudes climatiques

 

Notre bonne volonté, notre optimisme, nos compétences ne suffiront pas car les aides départementales et régionales ont été, et seront, considérablement réduites.

 

Aussi, nous devrons :

 

  • D’abord nous faire confiance et nous appuyer plus les uns sur les autres
  • Espérer qu’une prise de conscience de nos difficultés affleurera les politiques et les décisionnaires parisiens car le levier fiscal ne peut plus être utilisé qu’avec la plus grande modération, nos classes moyennes n’en peuvent plus… et c’est l’exemple d’une loi votée sans tenir compte de l’avis de ceux qui devront l’appliquer

 

Et que nous avons aussi des missions de base à remplir :

  • La sécurité de nos concitoyens et leur santé sont à nos yeux particulièrement importants
  • La réussite par le soutien de nos acteurs économiques locaux
  • Le pari du maintien d’une qualité de vie remarquable sur notre territoire pour tous

 

C’est aussi pour cela que nous avons été élus avec, si ma mémoire est bonne, à l’article 72 de la Constitution, de la réforme constitutionnelle de 2003 « Le principe de la libre administration des collectivités et son autonomie financière ».

 

Ce principe me parait aujourd’hui battue en brèche et nous ne pourrons faire que ce qui entre dans le champ du possible. C’est à ce champ du possible que je vous convie, à ces missions de base, à cette espérance collective et surtout à garder le moral afin que nous mettions toute notre énergie aujourd’hui plus que jamais, pour gérer le présent, bâtir de notre mieux l’avenir.

 

Fidèle à ce que nous disait Pierre Theilhard de Chardin : « Cet avenir, il appartient à tous ceux qui offrent aux générations futures les raisons d’espérer ».

 

Yves Métaireau

Maire de La Baule-Escoublac

Président de l’agglomération Cap-Atlantique