Cécile PAGE

A  découvrir du 1er octobre au 27 novembre 2016

Cécile Page appartient incontestablement à la famille des figuratifs puisqu’elle représente des formes réalistes. Mais, issue des années 70, comment ne pourrait-elle pas poursuivre une démarche détournée à l’instar de tous ces artistes de la décennie précédente ? D’où ces masses anthropomorphiques, sans figures, trop immobiles pour être honnêtes, qui suscitent à la fois le malaise et la curiosité. Pas question d’une empathie que, de toute évidence, elles refusent.                      

Elles n’en font qu’a leur tête.

Que veut alors nous dire l’artiste avec ces masses figuratives mais sans figure?

Se veulent-elles sur quelque trajectoire parallèle, massives à la limite du concept, modèles informes d’un monde boursouflé ou simplement sensuelles comme les plus émouvantes sculptures de l’antique ? Car il y a de l’antique, de l’intemporel dans la démarche de Cécile Page qui nous fait remonter aux sources même de la représentation humaine, ces premières femmes de pierre, belles comme l’abstrait, ces mystérieuses Vénus callipyges de  nos ancêtres ?

Dans un air du temps spatio-temporel, Cécile Page a fait de ces femmes sans tête mais pas sans mémoire, les ambassadrices, non de l’éternel féminin, ce qui serait réducteur mais de cette humanité qui, tous genres confondus, voyage immobile vers un destin dont nul ne peut encore se figurer le visage.